|| PORTRAIT || Wilfried Louesdon - Enquêteur financier de la brigade financière de la Police Judicaire
"Ils nous inspirent" - IUT Saint Malo

Wilfried Louesdon, quand la comptabilité mène à la brigade d'enquête financière
Originaire de Saint-Malo, Wilfried Louesdon obtient son Diplôme Universitaire Technologique (DUT) option banque/assurance à l’IUT de Saint-Malo dans le département Gestion des Entreprises et des Administration (GEA). Mais c'est lors de son service national au sein de la police nationale qu'il découvre la brigade financière. L'évidence s'impose : allier sa formation comptable au métier d'enquêteur. Il intègre la police nationale et gravit patiemment les échelons pour devenir Officier de Police Judiciaire et rejoindre l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) au sein de la direction nationale de la police judiciaire (DCPJ). Il travaille sur des affaires aussi médiatisées que celles de Balkany ou de Bygmalion. Aujourd'hui détaché à Brest depuis dix ans, référent départemental des avoirs criminels et enquêteur financier, il continue de lire des liasses fiscales et d'auditionner des experts-comptables. Un exemple de parcours qui met en évidence qu’il existe bien d'autres voies qu’une carrière dans le secteur privé.
PARCOURS ACADÉMIQUE
Racontez-nous votre parcours académique.
Je suis originaire de Saint-Malo où j'ai obtenu mon baccalauréat comptabilité avec mention avant d'intégrer un Diplôme Universitaire Technologique (DUT) option banque/assurance dans le département Gestion des Entreprises et des Administration de l'IUT de Saint-Malo. Je travaillais tous les soirs pour financer mes études, ce qui rendait les deux difficiles à concilier. J'ai redoublé ma première année mais j'ai décroché mon DUT avec mention ! J'ai effectué un stage au Crédit Lyonnais comme conseiller clientèle. Ce stage m'a ouvert à une autre dimension : le contact direct avec les clients, l'observation, les opérations bancaires au quotidien.
Après mon service national, je me suis orienté vers un Diplôme Universitaire (DU) collaborateur de cabinet d'expertise comptable à l’Université de Rennes en alternance chez KPMG. J'aimais le côté technique, la rigueur, la précision mais il me manquait le contact humain. Je n'ai finalement pas validé mon diplôme mais la Brigade Financière de la Police Nationale s'est imposée comme le fil conducteur de ma carrière.
PARCOURS PROFESSIONNEL
Quel a été votre parcours professionnel ?
C'est lors de mon service national, effectué au sein de la police à Lorient, que j'ai découvert l'existence d'une brigade financière à Paris. Le déclic a été immédiat : je pouvais allier ma formation en comptabilité au métier d'enquêteur. Le profil était recherché et le salaire plus attractif que dans le privé. J'ai passé le concours de la police nationale. Je l’ai obtenu du premier coup et je suis parti sur Paris.
Je suis d’abord devenu Officier de Police Judiciaire (OPJ) après 5 ans. Il m'a fallu ensuite encore quelques années d'intégrer le service auquel j'aspirais : l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) au sein de la direction nationale de la police judiciaire (DCPJ). Ce service prestigieux a été créé à la suite de l'affaire Cahuzac et il est entièrement dédié à la lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales. J'y ai travaillé sur des affaires très médiatisées comme les affaires Balkany ou Bygmalion.
Je suis ensuite revenu en Bretagne à la brigade financière de la Police Judiciaire (PJ) de Rennes et je suis détaché à Brest depuis maintenant dix ans. Je suis référent départemental des avoirs criminels et enquêteur financier. Mes dossiers couvrent principalement des affaires d'abus de biens sociaux, de banqueroute et de fraude fiscale mais pas uniquement. Je traite également des dossiers de fausse monnaie, d'exercice illégal de professions réglementées, d'escroqueries, de travail dissimulé, de marchés publics ou encore des affaires de probité impliquant des élus. Ce travail me permet d'auditionner régulièrement des experts-comptables et des commissaires aux comptes et de continuer à lire des liasses fiscales, un lien que je n'ai jamais vraiment rompu avec ma formation initiale.
DOMAINE DE PRÉDILECTION
Pouvez-vous nous dire pourquoi avoir choisi initialement de vous spécialiser en comptabilité/expertise comptable ?
Au départ, c'était un choix un peu contraint : j'ai fait un baccalauréat Sciences et Technologies Tertiaires (STT – aujourd'hui STMG) option gestion/comptabilité. J’étais à l’aise avec les chiffres. Mais ce qui m'a vraiment plu, c'est la gymnastique intellectuelle que cela implique : la comptabilité, c'est une logique, un raisonnement ! Et quand on l'applique à l'enquête financière, ça prend tout son sens. Lire des journaux comptables, analyser des écritures pour y déceler une infraction pénale (abus de biens sociaux, banqueroute), c'est exactement cela que j’aime. C’est à dire mettre en application ce que l'on m’a appris pour trouver ce qui ne va pas. C'est ce lien-là entre la technique comptable et l'enquête qui m'a toujours animé.
RETOUR D’EXPÉRIENCE
Quel lien gardez-vous aujourd’hui, avec l'Université de Rennes et l’IUT de Saint Malo ? Pour quelle raison avoir maintenu ce lien ?
Mon lien avec Saint-Malo est avant tout affectif. J’en suis originaire et ma famille y est toujours. Aujourd’hui, j’ai aussi l'envie de revoir d'anciens camarades. C’est ce qui m’intéresse dans le projet de constituer un réseau alumni de l’IUT de Saint Malo. On garde de ces années de formation des souvenirs.
Quel est le conseil que vous auriez aimé entendre lorsque vous étiez étudiant ?
Le conseil que j'aurais aimé entendre, c'est que le travail finit toujours par payer. On ne le mesure pas toujours sur le moment. Et puis, je dirais aussi : allez en entreprise pour vous former ! On apprend des choses en entreprise qu'aucun cours ne peut vous donner. La théorie est indispensable mais c'est sur le terrain qu'elle prend vraiment tout son sens.
Et puis j’aurais aimé que l’on me parle de la possibilité de faire une carrière dans le public. Je n’en avais pas connaissance à l’époque. Mais il y a d’autres voies que celle du privé.
Quel souvenir liée à votre passage à l’université vous vient en premier à l’esprit ?
Il me vient d’abord le souvenir des cours de droit en amphithéâtre le vendredi en fin d’après-midi. C’était dur après les soirées feux de camp à Saint-Briac. Mais avec du recul, cela en valait la peine.
En 3 mots, qu’est-ce que cela signifie pour vous d’être alumni à l’Université de Rennes ?
Le temps qui passe vite...
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