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|| PORTRAIT || Yann Le Goff - Nageur professionnel

Portraits

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23/09/2026

"Ils excellent dans leur domaine" - IUT de Rennes

Dans l'eau depuis toujours, aux jeux olympiques à 21  ans: le parcours hors normes de Yann Le Goff, nageur professionnel

Il nage depuis tout-petit avec ses parents à Fouesnant et il intégre le club de natation de Quimper à l'âge de 6 ans. Vingt un ans plus tard, il termine 5ème en relais au Jeux Olympiques de Paris et à la 2ème et 3ème en relais aux Championnats du Monde de Singapour. Entre les deux, un Diplôme Universitaire de Technologies (DUT) Génie Mécanique et Productique (GMP)obtenu à l'IUT de Rennes. Il a jonglé entre ses études avec 4 à 5 heures d'entraînement quotidien.

Yann Le Goff est la preuve que sport de haut niveau et études ne sont pas incompatibles. À condition d'être bien organisé, bien entouré et de ne jamais lâcher.

PARCOURS ACADÉMIQUE

Racontez-nous votre parcours académique.

Passionné par le milieu naval, je souhaitais entamer des études d’ingénieur naval, de ce fait, j'ai commencé par une formation à l'IUT de Brest en Génie Mécanique et Productique. J’ai ensuite rejoint l’IUT de Rennes pour ma deuxième année, toujours en DUT GMP (Génie Mécanique et Productique). La raison ? Je nage en compétition, et je voulais changer de club pour rejoindre le club de natation de Rennes. J'ai demandé à l'IUT de Rennes si c'était possible de faire ma deuxième année là-bas et ils ont accepté. Cela m'a permis de concilier mes études et ma pratique sportive.

J'ai également eu l’opportunité de réaliser deux stages. Des expériences que j'ai vraiment appréciées, parce qu'elles m'ont permis de mettre un pied dans le milieu professionnel et d'appliquer mes connaissances dans un cadre beaucoup plus concret. Le premier, chez Véolia. était un stage opérateur. Je travaillais sur le terrain sur les problématiques liées au traitement de l'eau. Le second, chez Parker à Rennes, était davantage orienté bureau d'études. Ma mission : Comprendre pourquoi des robinets fuyaient. Il fallait analyser le dimensionnement des pièces, identifier ce qui pouvait provoquer des rayures et entraîner ces fuites. Un peu de recherche, du terrain, et une plongée dans l'univers industriel.

Comment avez-vous concilié études et carrière de sportif de haut niveau ? 

Concilier études et sport de haut niveau, cela n’a pas été facile. J'avais décidé de rester sur un cursus normal plutôt que de faire chaque année d’études en deux ans grâce à un aménagement. Cela impliquait beaucoup d'absences. Entre les entraînements en semaine, les déplacements et les compétitions, il y a beaucoup de cours auxquels je n’ai pas pu assister. C'était à moi de les rattraper. J’ai eu la chance d’être bien entouré et soutenu par ma famille et mes amis de promotions. Ces derniers m’envoyaient les notes qu’ils prenaient pendant les cours. Sans eux, cela aurait été bien compliqué.

Du côté de l'IUT, je communiquais régulièrement avec les enseignants. Ils comprenaient ma situation et ils m’ont facilité les choses pour rattraper les contrôles ou les cours manqués. J’étais absent pour les deux premières et les deux dernières heures de cours chaque jour. J’étais à l’entraînement. Les enseignants me fournissaient les polycopiés, me proposaient des moments pour revoir les points que je n'avais pas compris, et m'organisaient des rattrapages pour les contrôles manqués.

Mais l'essentiel, c'était vraiment mon organisation personnelle. Petit à petit, j'ai réussi à mettre en place un quotidien qui me permettait de jongler entre mon quotidien de sportif et mes études.

Inscrit sur liste ministérielle et reconnu par l'État comme sportif de haut niveau, j'ai bénéficié du statut de sportif de haut niveau à l'Université de Rennes. Et la Fondation de l'Université de Rennes m'a également apporté une aide financière. C’était important pour moi au regard de ce que représente le financement d'une saison sportive. Il faut trouver des partenaires et sponsors.

Et puis, c’était important pour moi d’être reconnu sportif de haut niveau par l’université.

Qu’est-ce que cela vous apporté dans votre pratique du sport comme dans ton parcours académique ? 

Je jonglais entre 4 heures de cours en présentiel à l'IUT, des heures de cours à rattraper et 4 à 5 heures d'entraînement à la piscine ou en salle de musculation. C’était très exigeant. J'ai dû faire des choix, que ce soit sur certaines matières ou sur certains entraînements. Mais avec le recul, cette expérience m’a apporté beaucoup d'organisation et une vraie autonomie. Ce sont des qualités que j'ai développées par la force des choses et qui me servent encore aujourd'hui.

DOMAINE DE PRÉDILECTION

Racontez-nous votre parcours de sportif de haut niveau ? 

Tout a commencé tout-petit, à Fouesnant. Mes parents, mes deux grandes sœurs, toute la famille nageait. Pour eux, savoir nager, c'était primordial. C'est comme cela que j’ai commencé la natation.

La progression a été rapide. Jusqu'à mon baccalauréat, je m'entraînais six fois par semaine à Quimper. Dès la première année d’IUT j’ai décidé de passer en biquotidien pour m'entraîner plus, plus fort. Le nombre d’heures d’entraînement a encore augmenté quand j’ai rejoint le Club de Rennes en deuxième année. C'est là que ma carrière a pris un nouveau tournant : médaille d'argent aux Championnats d'Europe U23, puis les Jeux Olympiques de Paris pour lesquels j'ai pris une année de césure. C’était la seule façon de me consacrer pleinement à la natation. Il y a eu ensuite les Championnats du Monde où j'ai décroché deux médailles.

Comment envisagez-vous les prochaines années de votre carrière ? 

Mon objectif numéro un : les Jeux Olympiques de Los Angeles ! Pour le moment, blessé, je mets les compétitions entre parenthèses : priorité à la santé et à la récupération. L'idée, c'est de reprendre rapidement et de repartir chercher de meilleurs résultats.

Sur le plan des études, j'ai dû les mettre entre parenthèses. Les Jeux de Paris arrivaient vite, et concilier les deux était vraiment très difficile. Quand je pense à l’avenir, reprendre mes études reste dans un coin de ma tête. J'y réfléchis.

RETOUR D'EXPÉRIENCE

Quel lien gardez-vous aujourd’hui avec l'IUT de Rennes ?

Le lien avec l'IUT de Rennes s'est construit pendant ma deuxième année. Ensuite, les choses se sont accélérées : les Jeux Olympiques, la professionnalisation, la nécessité de me consacrer pleinement à la natation pour figurer parmi les meilleurs. Je suis moins en lien avec l’IUT par la force des choses. Pour autant, j'ai gardé des amis avec qui je suis toujours en contact et j'ai recroisé parfois des enseignants. Je garde de très bons souvenirs.

Quel est le conseil que vous auriez aimé avoir lorsque vous étiez étudiant ?

La clé, c’est la communication, notamment avec les enseignants. Je pense qu’il était difficile, pour eux, de se rendre compte de mon quotidien et des différentes choses que je devais mettre en place pour pouvoir concilier les deux (les entraînements, les déplacements, les stages). J’aurais aimé communiquer davantage avec eux pour qu’ils m'aident à faire certains choix sur l’importance d’une matière ou d’un entraînement.

Quel souvenir lié à votre passage à l’IUT de Rennes vous vient en premier à l’esprit ?

Le souvenir qui me vient en premier, c’est les rencontres avec mes camarades de promotion. Il y a eu des très bons moments et des moins bons. Mais ce qui reste, c’est avant tout, les amitiés.

En 3 mots, qu’est-ce que ça signifie pour vous d’être alumni à l’Université de Rennes ?

Trois mots : fierté, reconnaissance, expérience. 

La fierté, parce que j’ai finalement obtenu mon Diplôme Universitaire de Technologies même si cela n’a pas été facile de jongler entre ma carrière de sportif et mes études.

La reconnaissance ensuite envers l'IUT pour les aménagements mis en place et envers mes collègues de promotion qui m’ont aidé. Cela aurait été beaucoup plus compliqué sans tout cela.

Et enfin, l'expérience. Ces années à l'IUT m'ont permis de développer des capacités que j'utilise encore aujourd'hui pour être plus performant dans ma pratique sportive : l'organisation, l'autonomie, la planification du quotidien. Finalement, l'IUT et la natation se sont nourris mutuellement.

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