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|| PORTRAIT || Florent Deroche - Directeur de Cyrisea, filiale smart building du groupe Altyn.

Portraits

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10/06/2026

"Ils participent à la transition environnementale" - ISTIC

Du code aux bâtiments connectés : le parcours de Florent Deroche, un alumni qui n’a jamais cessé d’apprendre et de s’adapter.

Florent Deroche a toujours eu le goût de la technique. Dès le lycée, il programme sur son temps libre. C'est tout naturellement qu'il s'oriente vers la filière MIAGE de l'IFSIC (aujourd'hui ISTIC - UFR informatique et électronique de l'Université de Rennes), attiré par cette formation qui allie informatique et gestion d'entreprise.

Après un parcours de 22 ans chez CGI, Entreprise de Service Numérique (ESN) d'envergure internationale, de développeur à Directeur Général Adjoint Grand-Ouest, il rejoint le monde de l'entreprise en tant que Directeur des Systèmes d’Information (DSI) du groupe ALTYN. Une opportunité venue d'une rencontre faite sur les bancs de l’IFSIC en Licence Méthodes Informatiques Appliquées à la Gestion des Entreprises (MIAGE) : son binôme de l'époque et ami depuis, en est aujourd'hui le Directeur Général. Depuis 2021, Florent Deroche dirige CYRISEA, la filiale Smart Building du groupe ALTYN, spécialisée dans la transition numérique et énergétique des bâtiments. 

Un parcours qui illustre que l'adaptabilité n'est pas qu'un conseil qu'il donne aux étudiants. C'est ce qui a construit sa carrière.

PARCOURS ACADÉMIQUE 

Racontez-nous votre parcours académique. 

Après mon baccalauréat, j'ai fait un Diplôme d’études universitaires générales (DEUG) de sciences spécialisées en mathématiques et physique. Je me suis ensuite orienté vers une licence Méthodes Informatiques Appliquées à la Gestion des Entreprises(MIAGE), à l'IFSIC (aujourd'hui ISTIC - UFR informatique et électronique de l'Université de Rennes).. Et j'ai poursuivi sur un Diplôme d'Études Supérieures Spécialisées (DESS**) informatique et ses applications. 

Le goût pour l'informatique m’est venu très tôt, au lycée : on a commencé à en faire un peu et j'y ai pris goût. Je me suis mis à programmer pendant mon temps libre. J'avais même conçu un jeu de plateau et le programme a été publié dans une revue spécialisée. J’ai eu la chance d’avoir un prix, ce qui a contribué à forger la suite de mon parcours. Par la suite, si je me suis orienté vers la filière MIAGE, c'est parce que j'avais dans l'idée d'entreprendre. J’étais donc également intéressé par la gestion des entreprises.

Pendant mes années à l’IFSIC, j’ai eu l’opportunité de faire deux stages chez Venturi, qui était à ce moment-là la "Ferrari française". J’ai travaillé sur une solution de gestion de stock à développer : de la définition des besoins jusqu'à la mise en production. J’ai produit une première version lors de mon premier stage et une version enrichie pendant le deuxième stage. J’ai le souvenir de relations riches aussi bien avec les ouvriers sur le terrain qu'avec les services supports comme la direction informatique et la direction financière. Et la cerise sur le gâteau : j’ai eu la chance de conduire deux fois une Venturi entre Paris et Nantes !

* Le diplôme d'études universitaires générales (DEUG) est un ancien diplôme national de l’enseignement supérieur français, de niveau bac+2.

**Le DESS (Diplôme d'Études Supérieures Spécialisées) est un diplôme de troisième cycle visant à former des professionnels spécialisés dans un domaine précis.

PARCOURS PROFESSIONNEL  

Quel a été votre parcours professionnel ? 

À la sortie de mes études, j'ai été embauché dans une Entreprise de Service Numérique (ESN) Unilog. L’entreprise a ensuite été rachetée successivement par Logica puis par CGI aujourd’hui, entreprise cotée en Bourse. J'y suis resté 22 ans. J'avais comme objectif de créer une entreprise mais j'ai progressé rapidement et j'ai eu de nombreuses occasions d'entreprendre à l'intérieur de CGI. J'ai commencé comme développeur puis j'ai fait de l'analyse, de la gestion de projet. Et j'ai pu créer de nombreux centres de compétences spécialisés et enfin j’ai dirigé des agences. Ma dernière expérience a été celle de Directeur Général adjoint d'une Business Unit (unité opérationnelle) de 1800 personnes sur tout le Grand Ouest. J’ai finalement quitté l’entreprise avec le sentiment du devoir accompli et l'envie de découvrir de nouveaux horizons. 

J'ai ensuite été approché par une start-up et je me suis lancé dans l’entrepreneuriat pendant 2 ans. Une expérience non concluante, mais que je ne regrette pas car forte riche en apprentissage et en ouverture. 

A la suite de cette expérience, j’ai rejoint le groupe ALTYN, acteur de l’énergie et du climat. Le groupe est spécialisé dans la transition énergétique, environnementale et numérique des bâtiments et des territoires. Ses activités couvrent tout le cycle de vie du bâtiment : de la conception aux travaux, jusqu'à l'exploitation : 7 filiales, 700 collaborateurs, groupe indépendant français créé en 2004. Mais c’est aussi une société à mission, labellisée Lucie 26000. C'est dans l'ADN du groupe d'accompagner nos clients dans leur transition avec une culture prononcée de l'engagement. 

J'ai rejoint le groupe ALTYN après un "alignement des planètes" : je cherchais un poste de Directeur des Systèmes d’Information (DSI) et mon ami et ancien binôme, rencontré pendant mes études en MIAGE, recherchait au même moment un DSI. J'ai été DSI du groupe pendant 2 ans. Je suis parti d'une feuille blanche pour construire un système d'information de zéro, ce qui est unique dans une carrière. J'ai pu réaliser en tant que DSI ce que je conseillais à mes anciens clients.

J’ai ensuite pris le poste de Directeur Général (DG) de CYRISEA, la filiale Smart Building du groupe, spécialisée dans la transition numérique et énergétique des bâtiments. Je ne connaissais ni les métiers du bâtiment ni ceux de l'énergie en arrivant mais je maîtrise le numérique, le management, la gestion de la relation client, le développement business. C'était plus une adaptation qu’une révolution pour moi.

Pouvez-vous nous présenter CYRISEA et le Smart Building ? 

Chez CYRISEA, l’activité principale est la gestion technique des bâtiments (GTB). Nous installons des automates qui vont piloter tout ce qui peut être piloté automatiquement : le chauffage, la ventilation, la climatisation, l'éclairage, les panneaux photovoltaïques, le traitement de l'eau, etc. Cependant, ce n’est pas juste installer un automate, c'est avant tout mobiliser des automaticiens, informaticiens, électriciens et thermiciens. Cela permet de piloter les équipements techniques qui nécessitent eux aussi des connaissances approfondies. Par ailleurs, quand les volumes de données le justifient, il est possible d'enrichir la "panoplie numérique", par exemple en intégrant des solutions d'intelligence artificielle (IA) qui vont agir dynamiquement sur les consignes de la GTB, en fonction des multiples données collectées et analysées. Par exemple les données de fréquentation, de météo. Cela permet d’optimiser à la fois le confort des occupants et les économies d'énergie.

DOMAINE DE PRÉDILECTION

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous spécialiser dans la transformation numérique et environnementale des organisations ? 

Je dois reconnaître que c'est avant tout une opportunité et non un choix prémédité. Le point d'entrée, c'était de rejoindre un groupe en tant que DSI. Au bout de 2 ans, le poste de directeur chez CYRISEA était vacant. Les dirigeants du groupe m'ont alors proposé de reprendre la direction de la filiale. La vraie question pour moi c’était de savoir si je faisais le choix de m’investir dans le domaine du bâtiment, de l'énergie, de la transition environnementale. La réponse s'est imposée d'elle-même : j'ai réalisé que je pouvais œuvrer concrètement pour répondre à des enjeux clés des usagers des bâtiments, et pour la planète.  C’était l’opportunité d’agir concrètement.

Selon vous, quels sont les principaux enjeux actuels du secteur de numérique ? Et comment peut-on mettre la transformation numérique au service de la transition environnementale ? 

Le principal enjeu, c'est d’avoir des bâtiments plus sobres avec moins de consommation énergétique, moins d'émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant le confort des usagers. Il est beaucoup question de l'impact carbone des déplacements en voiture, avion ou bateau. Mais le secteur du bâtiment est dans le top 5 des secteurs à décarboner, avec 16% d'émission du CO2 en France. Je suis fier de pouvoir contribuer à cette transformation. 

Il y a aussi un enjeu d'accompagner nos clients dans leurs propres objectifs RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) : sociétés à mission, labels, certifications. 

Et puis nous ne raisonnons pas uniquement à l'échelle du bâtiment, nous travaillons aussi à l'échelle des quartiers en considérant les Îlots de chaleur, la biodiversité, la mobilité verte, la gestion de l'eau, les bornes de recharge électrique, etc. Réduire la consommation d'énergie, c'est le point de départ mais la transition environnementale, c'est bien plus large que cela.

RETOUR D’EXPÉRIENCE

Quel lien gardez-vous avec l'ISTIC ? 

Le lien avec l'ISTIC, il est naturel. Le fondateur de CYRISEA est un alumni de la filière MIAGE, il a donc toujours eu un réflexe d'aller recruter des gens qui viennent de l'ISTIC : stages, alternances, recrutements.

Nous venons d’ailleurs de signer une convention de partenariat pour officialiser ce que nous avions déjà mis en place : des présentations, des interventions sur des modules spécifiques, des cas concrets tirés de nos projets clients. La convention de partenariat repose sur trois axes : améliorer la visibilité de l'ISTIC auprès des entreprises, mieux faire connaître le monde professionnel aux étudiants et faciliter les interactions entre les deux.

Nous sommes demandeurs parce que l’on connait la plus-value d’avoir des intervenants professionnels quand on est étudiant. Quand on intervient, on arrive avec des cas d'usage réels : qu'est-ce qu'on a mis en place, qu'est-ce que ça a apporté et concrètement, quels sont les métiers de nos équipes le matin quand ils arrivent au travail.

Quel est le conseil que vous auriez aimé avoir lorsque vous étiez étudiant ? 

Le conseil que j'aurais aimé entendre quand j'étais étudiant, c'est qu'on nous dise que l'adaptabilité deviendrait une norme. Dans les années 90, on misait tout sur le diplôme, on nous préparait à un monde stable. J'aurais aimé qu'on me conseille de voyager, de découvrir d'autres cultures, de m'ouvrir aux autres avant de commencer à travailler.

Et ce conseil est encore plus vrai aujourd'hui, surtout quand on sort d’une filière informatique. On entend que dans peu de temps il n'y aura plus de développeurs à cause de l'IA. Personnellement, je pense que le métier va muter mais ils ne disparaîtront pas. Alors intéresse toi, apprends par toi-même, n'attends pas qu'on te forme. C'est d'ailleurs ce qui m'a attiré dans cette filière : il y a toujours à apprendre. Toujours.

Mais au-delà du travail, je leur dirais aussi de prendre soin d'eux, de leur famille et de leurs amis. C'est une génération qui grandit dans un contexte particulièrement anxiogène : urgence climatique, tensions géopolitiques, incertitudes économiques. J’ai une nature optimiste et je leur explique qu'à toute situation, l'humain a toujours trouvé des solutions.

Quel souvenir lié à votre passage à l’ISTIC vous vient en premier à l’esprit ?

Trois choses me reviennent.

La technicité d'abord. J'ai toujours aimé cela : les architectures, les solutions et leur évolution. En MIAGE, il y avait certes du Cobol*** mais aussi des langages objets, des langages récursifs avec plus de complexité. La qualité des cours, c'est la réputation de la filière MIAGE.

Ensuite, l’aspect concret et appliqué de la filière : les stages et les jeux de simulation d'entreprise où plusieurs groupes s'affrontent sur de la stratégie et du management décisionnel. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles j'avais choisi cette filière.

Et enfin, l'ambiance avec les étudiants comme avec les professeurs.

*** COBOL (Common Business-Oriented Language) est un langage de programmation compilé, conçu pour les applications de gestion et le traitement des données d’entreprise. Il est largement utilisé sur les systèmes mainframe pour les applications critiques 

En 3 mots, qu’est-ce que ça signifie pour vous d’être alumni à l’Université de Rennes ? 

Trois mots : fierté, transmission, rencontres.

  • La fierté : on n'est pas officiellement ingénieur quand on sort de l'IFSIC mais selon moi c'est équivalent.
  • La transmission ensuite. On connaît l'école de l'intérieur, on l'a suivie avec le temps. Accueillir des étudiants en stage, en alternance, les recruter, c’est cela transmettre. C'est d'ailleurs tout le sens de la convention de partenariat.
  • Et les rencontres. Il y en a eu beaucoup, mais il y en a une en particulier, celle de mon binôme en MIAGE, devenu mon ami, et aujourd'hui le DG du groupe dans lequel je travaille.  


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